MIGRATION OSX > PROS DE LA PAO : ATTENTION AUX PIEGES
(Chronique du 25 novembre 2004 par JC Eissen)
Résumé pour ceux qui sont pressés :
Beaucoup pensent qu'il est aisé de migrer en OSX : OK pour les particuliers, moins évident pour les pros des arts graphiques et mise en page et de la communication.
Pour ceux qui veulent plus de détails :
Beaucoup de gens pensent qu'il est aisé de migrer en OSX : c'est vrai pour les particuliers, ça l'est beaucoup moins pour les professionnels des arts graphiques et de la communication. Pour ceux-là, il sera impératif d'oublier l'existence même de l'environnement Classic-OS9 excepté pour d'éventuelles consultations de documents établis dans le passé et pour lesquelles ils ne possèdent pas d'autre alternative que de lancer la trapanelle sous OS9 émulé.
Après une année bien remplie dans cet exercice et bien loin des grandes théories des intellectuels de forums, voici les principaux problèmes bien concrets couramment rencontrés :
Flottement passager de l'utilisateur :
L'environnement déroute momentanément et agace parfois l'ancien utilisateur habitué a ses routines et ses fenêtres OS9, mais c'est le moins grave, chaque version d'OSX apporte sa petite dose de confort supplémentaire.
Ceux qui toutefois espèrent à terme, retrouver la simplicité des 7.6 au 8.6 (le 9 devenait un peu plus hard) peuvent continuer à espérer, ils disposent de tout leur temps.
Gestion des polices :
Les premiers ouvrages sortis sur OSX ne parlaient même pas des fontes, c'est vous dire ! par la suite on nous a expliqué que le système n'était plus limité en nombre de polices ainsi que les différents endroits où les mettre (biblio partagée du système ou biblio utilisateur) . Mais il faut s'intéresser déjà un peu à OSX pour comprendre tout ça, et tout le monde n'a pas forcément envie de “rentrer” dans le système !
Puis Apple a sorti son fameux livre des polices (un utilitaire de gestion intégré au système) qui est plus, de mon opinion, destiné aux bricoleurs de la mise en page associative qu'aux professionnels avertis, comme la majeure partie de nos clients.
Pour les pros, une seule solution incontournable : Suitcase X1 de l'Editeur Extensis, en état de monopole (seul sur le marché) bien qu'il soit encore loin de règler les conflits de polices, les fontes endommagées et les doublons, aussi bien que sait toujours le faire ATM Deluxe sous OS9 .
Les anciennes machines Apple :
S'il est vrai qu'on peut installer Panther sur un Power Mac G3 bleu et blanc, il est également possible de faire Paris-Marseille en twingo, mais pas tous les jours !
Pour nous, le minimum décent est la gamme Powermac G4 Digital-Audio (série des 466/533/667/733) sortie en janvier 2001. Pour les machines antérieures et pour un usage professionnel, oubliez !
Les conséquences sur le hard :
Très vite vous serez handicapés de tous côtés, entre les vitesses de bus, la gestion des entrées-sorties, la puissance que demandent les logiciels et les systèmes de plus en plus exigeants.
Les cartes additives seront plus ou moins bien gérées voire pas du tout. Déjà dans les derniers G4/1,25mhz, par sa seule présence, une carte ATA 133 gèle inexorablement la fonction allumage et extinction automatique du système de base.
Pour les périphériques un peu anciens (même de 1 ou 2 ans) il y aura lieu de vérifier si les firmwares (programmes résidents internes) sont à jour. Il faudra se les procurer s'ils existent.
Les conséquences logicielles et financières qui en découlent :
Très vite vous allez découvrir que tel logiciel ou tel utilitaire vous manque. Vous serez bien avisé d'y penser avant, car une migration OSX ne se borne pas simplement à l'achat d'un G5.
La partie logicielle habituellement utilisée (Xpress/Pack Adobe CS/Suitcase/Flash/Toast et office 2004) coûte environ 5000 € HT en versions pleines, et environ 2500€ HT en mises à jour. Ceci comparé aux 1900 € HT d'un G5 tower dans sa version de base en 1,8 GHz bipro, on s'aperçoit que, même en mises à jour, l'incidence logicielle multiplie par deux et demi l'addition ... et nous n'avons encore ni barrettes-mémoire additionnelles obligatoires, ni deuxième disque de sauvegarde en interne sans lequel il est impensable d'acheter la machine quand on est pro de la PAO.
Les frais d'installation qui en découlent :
Migrer en OSX signifie que le technicien devra sortir le contenu de l'ancien disque de chaque poste, le rapatrier, installer le système, faire la mise à jour du programme interne du Mac, se connecter sur le net pour télécharger les mises à jour système.
Concernant les drivers des périphériques, s'ils existent pour OSX (ce qui n'est pas assuré) il faudra les chercher, les trouver et les installer.
Idem pour les polices de caractère, paramétrer les imprimantes, les boîtes à mails, les partages de réseau, etc.
Il faudra décider de la sécurité et des autorisations (nous verrons ce que ça signifie plus tard) pour chaque poste, s'il est en mode utilisateur ou administrateur, car on est sous UNIX, ça ne rigole plus et on ne fait plus ce qu'on veut comme sous OS9.
Pour finir, il faudra tout tester : logiciels, impressions, réseau-net, partage, copies et autorisations
Tout ce temps ne peut être estimé précisément dans un devis, car nous découvrons sans cesse sur place des choses imprévues. Il est fréquent que même avec nos compétences, nous soyons obligés de revenir 2 à 3 fois suivant la complexité des environnements matériels.
Ceci est un gros travail de fond qui ne peut, et vous l'avez compris, se faire avec un forfait de 60€ comme le prétendent certains discounters pour lesquels l'important est d'attraper l'affaire pour ficeler le client.
Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus la migration OSX N'EST PAS IMPUTABLE AUX CONTRATS DE MAINTENANCE.
Une fois réalisée, avec ou sans formation, la maintenance, elle, continuera à être assurée dans le cadre du contrat.
Mise en garde :
Le but de cette chronique, essentiellement destinée aux professionnels qui possèdent un parc (même modeste), n'est pas de les dissuader de passer à OSX , au contraire. A terme tout le monde y viendra par la force des choses. Mais, d'une part, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, et d'autre part il faut faire en sorte de ne jamais se trouver dans le piège des dépenses imprévues et d'une éventuelle incapacité à produire, même momentanée.
Une migration OSX ça se prépare avec quelqu'un qui en connaît bien les pièges.
Si vous avez l'impression que nous maîtrisons le sujet, appelez-nous, vous vous éviterez un tas d'ennuis et vous économiserez sûrement beaucoup d'argent à terme.
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